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mercredi 11 janvier 2017

Mercredi 11 janvier - Histoire - Le projet d'une Europe politique depuis le Congrès de La Haye de 1948

Accompagnement personnalisé
 
1 Page 362 - Etude critique de documents

1 - Présentation du document
- Nature
- Auteur : Margaret Thatcher, PM (1979-1990)

Qui est Margaret Thatcher ?
https://www.herodote.net/Margaret_Thatcher_1925_2013_-synthese-502.php 
http://www.alternatives-economiques.fr/margaret-thatcher-ou-la-dame-de-fer-et-du-laisser-faire_fr_art_834_42844.html
http://www.lefigaro.fr/international/2013/04/08/01003-20130408ARTFIG00426-margaret-thatcher-la-femme-qui-a-change-la-grande-bretagne.php 

Deux films à voir sur Margaret Thatcher : 
  • La Dame de fer de Phyllida Lloyd avec Meryl Streep (2011)
  • Margaret de James Kent (2009)
 
- Date
- Source
- Contexte
- Sujet


2 - Etudier le sujet suivant : La Grande-Bretagne et l'Europe, une histoire compliquée, celle de l'euroscepticisme

3 - Construire un plan en trois parties:

I) L'Europe et ses institutions vues par les Britanniques au travers du regard de Margaret Thatcher

- L'Europe comme seul bénéfice
- Optique unioniste et souverainiste
- critique des institutions européennes présentées comme trop fédéralistes et supranationales
- souligne la nécessité de la domination de l'Etat-nation britannique
- et insiste qu'il faut à ce moment avec le reste du monde, garder son indépendance
- au nom de son histoire et de sa puissance passée qu'on ravive avec nostalgie 

II) L'euroscepticisme britannique et l'Europe telle qu'elle est souhaitée par les Britanniques / telle que les Britanniques ne la veulent pas

- Europe qui resterait à sa place mais ouverte sur le monde
- Rester avec leur relation spéciale avec les E-U
- Priorité à une stratégie de marché : constituer juste sans le politique, un vaste marché et réseau d'échanges sans entraves
- préservation d'une indépendance nationale

III) Limites du corpus pour répondre au sujet et de la vision britannique



Séance 6 - Evaluation formative : ECD
ECD: le couple franco-allemand, moteur de la construction européenne






SUJET:  Le projet d'une Europe politique depuis le congrès de La Haye (1948)


Proposition 1 - Le projet d'une Europe politique depuis le congrès de La Haye (1948)

Introduction:
L'idée d'une union entre les différents pays d'Europe a été formulée dès le xviiie siècle. Elle devient une réalité seulement après la Seconde Guerre mondiale. Depuis cette époque, les pays d'Europe occidentale, devenus des puissances moyennes dans le contexte de la guerre froide, ont tenté de s'unir. Cependant, les formes que pouvait prendre cette union ont été un enjeu. Fallait-il une union économique ? une union politique ? et sous quelle forme ?
Comment le projet d'une Europe politique a-t-il conduit à la constitution de l'Union européenne ? Quelle forme a pris cette union du point de vue politique ?

1. De l'idée d'une Europe politique au choix d'une Europe économique (1948-1957)
Les premiers projets d'union politique européenne
• En 1945, l'idée d'une Europe politiquement unie est déjà un héritage : dans les années 1920, le comte de Coudenhove-Kalergi proposait une union paneuropéenne, pour éviter qu'un nouveau conflit ne déchire le continent.
• La Seconde Guerre mondiale pose la même question : comment éviter le renouvellement des conflits en Europe et le développement d'idées antidémocratiques ? Pendant la guerre, des résistants de tous pays réfléchissent à une union entre les États d'Europe. Ils fondent un mouvement fédéraliste européen en 1943. Des mouvements politiques existent en effet dans plusieurs pays : socialistes, communistes, démocrates chrétiens.
Du congrès de La Haye à la CECA : l'espoir d'une Europe fédérale
• En mai 1948, des représentants des associations favorables à une union se réunissent à La Haye. Trois options sont possibles : une Europe fédérale (une Europe avec un gouvernement commun), une Europe supranationale (une Europe avec des institutions qui cohabitent avec les différents gouvernements en leur donnant un cadre législatif commun) ou une Europe souverainiste (simples collaborations entre États totalement souverains). Le congrès débouche sur la création d'une première institution : le Conseil de l'Europe, fondé en 1949. Il siège à Strasbourg et a pour but de défendre d'une seule voix les principes démocratiques.
• Le contexte de la guerre froide donne depuis 1947 un sens nouveau à l'idée d'une Europe politique. Face à l'Europe de l'Est contrôlée par les soviétiques, les États-Unis sont favorables à ce que les pays occidentaux s'associent plus étroitement pour se renforcer. La répartition de l'aide Marshall se fait donc grâce à une institution gérée par les Européens eux-mêmes, l'OECE (Organisation européenne de coopération économique).
• Cependant, un certain nombre d'hommes politiques souhaitent que l'Europe se construise par la voix fédérale. Il s'agit d'Alcide de Gasperi pour l'Italie, Konrad Adenauer pour l'Allemagne, Paul-Henri Spaak pour la Belgique, Jean Monnet et Robert Schuman pour la France. Ces derniers souhaitent jeter les bases d'une Europe fédérale en s'appuyant non pas sur la politique mais sur l'économie, en mettant en commun la production de charbon et d'acier de la France et de l'Allemagne de l'Ouest (ce qui rendait impossible une nouvelle guerre entre ces pays). La CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier) est ainsi créée en 1951. L'Allemagne et la France sont ensuite rejointes par l'Italie, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas.
L'échec de la CED : une Europe dans l'impasse ?
• Pour aller plus loin dans la voie du fédéralisme, le plan du Français René Pleven prévoit en 1952 une Communauté européenne de défense (CED). Ceci revient à recréer une armée allemande pour l'intégrer à une force européenne.
• L'idée d'une armée allemande est mal ressentie par l'opinion française à quelques années de la guerre. Les communistes s'y opposent également car cela contrarie les intérêts du bloc de l'Est. L'Assemblée nationale rejette en 1954 le projet de CED.
• L'idée d'une Europe politique est donc au point mort en 1954. L'armée allemande, recréée, est intégrée à l'OTAN par les États-Unis.
2. La Communauté économique européenne : les difficultés à établir un projet politique (1957-1992)
Un projet qui favorise une Europe économique
• La relance du projet européen
En 1955 cependant, lors de la conférence de Messine, les six États membres de la CECA décident de travailler à la construction d'un marché commun européen. Choisir la voie économique semblait plus prudent et visait à créer des liens avant de passer à la phase politique du projet.
• Le 25 mars 1957, le traité de Rome voit la naissance de la CEE (Communauté économique européenne), qui doit garantir une libre circulation des biens et des personnes entre les États membres. Des institutions sont créées. Le Parlement européen (à Strasbourg) donne des avis. L'exécutif est partagé entre un Conseil des ministres représentant les gouvernements des États membres et la Commission européenne (à Bruxelles). Une cour de justice arbitre les litiges. Les décisions doivent être acceptées à l'unanimité par les États membres.
• Des politiques économiques sont alors mises en place : Euratom sur l'énergie atomique dès 1958, la Politique agricole commune (PAC) mise en place en 1962. Le projet politique passe au second plan, même s'il demeure dans les objectifs du traité de Rome puisqu'il prévoit une citoyenneté européenne. De même, tout pays candidat à l'entrée dans la CEE doit posséder un régime démocratique.
Un projet confronté à différentes visions de l'Europe
• L'idée d'une union politique se heurte à des visions différentes. La France du général de Gaulle défend l'idée d'une « Europe des patries » fondée sur une union de nations souveraines. Les Allemands sont plus ouverts à une Europe supranationale, voire fédérale.
• Ceci conduit à un certain nombre de différends entre les partenaires. Lorsque se pose la question, en 1963 puis en 1967, de l'admission du Royaume-Uni dans la CEE, la France oppose un refus. Le général de Gaulle pratique même la politique de la chaise vide dans les institutions européennes lorsqu'en 1965 on parlait d'abandonner le principe de la prise des décisions à l'unanimité.
Une Communauté qui s'élargit et s'approfondit
• Le départ du général de Gaulle en 1969 permet à l'Europe de s'élargir à la Grande-Bretagne en 1973, ainsi qu'à l'Irlande et au Danemark. L'accession à la démocratie de la Grèce, de l'Espagne et du Portugal permet leur entrée en 1981 pour la première, en 1986 pour les autres.
• L'idée d'approfondir les liens entre les États conduit au premier projet d'association entre les monnaies : c'est le « serpent monétaire » créé en 1972.
• Pour rapprocher l'Europe des citoyens, les députés du Parlement européen sont élus au suffrage universel depuis 1979. En 1986 est signé l'« Acte unique européen », un accord entre les États membres visant à intensifier leurs liens et à donner davantage de pouvoir aux institutions européennes.
3. L'Union Européenne : quelle dimension politique, quelle gouvernance et quels défis face à l'élargissement, à l'approfondissement et au contexte international? (de 1992 à nos jours)
De nouvelles ambitions
• Le traité de Maastricht, signé le 7 février 1992, transforme la CEE en Union européenne. La citoyenneté de l'Union est renforcée. 
Il prévoit que l'Europe gagne du poids en matière de politique internationale. On nomme en 1999 un haut représentant à la politique étrangère et de sécurité commune, qui représente diplomatiquement l'UE. L'Europe puissance est en gestation avec la perspective d'une politique étrangère et commune
• Pour renforcer ces ambitions, la politique monétaire aboutit à la création d'une Banque centrale européenne en 1998 ; en 2002, l'euro est mis en circulation.

 En 1995, les accords de Schengen, signés en 1985, entrent en application, supprimant les contrôles aux frontières entre les États membres. Libre circulation. Ensemble des frontières extérieures à sécuriser.
• Malgré cela, l'intégration politique reste imparfaite : l'UE s'avère par exemple incapable de gérer seule le conflit en ex-Yougoslavie, où l'OTAN doit intervenir, faute d'une armée européenne réellement opérationnelle. Limite d'une gouvernance européenne
La poursuite de l'élargissement
• La fin de la guerre froide permet de relancer le processus d'élargissement. En 1995, d'anciens pays neutres adhèrent à l'UE : Suède, Finlande, Autriche.
• À partir de 2004, on admet dans l'UE d'anciens pays du bloc de l'Est : Pologne, Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Slovénie, Estonie, Lettonie, Lituanie, en plus de pays occidentaux qui n'en faisaient pas partie : Chypre et Malte. En 2007, c'est au tour de la Roumanie et de la Bulgarie.
• Par ailleurs, la candidature de la Turquie n'aboutit pas, certains critères politiques ne répondant pas, d'après la Commission européenne, aux éléments requis.

or le volet géopolitique trouve sa concrétisation mais les insitutuions ne suivent pas, il faut 
Quelle gouvernance pour une Europe à 28 ?
• La prise de décisions politiques dans une Europe supranationale ainsi élargie pose question. Le traité de Nice, signé en 2000, instaure le principe d'une majorité qualifiée pour la prise de décision, chaque pays disposant d'un certain nombre de voix en fonction de son poids démographique, tout en favorisant la représentation des petits pays.
• Afin de donner davantage de poids politique à l'UE, un projet de Constitution est élaboré en 2004. Il est cependant rejeté l'année suivante par des référendums en France et aux Pays-Bas. Pour sortir de l'impasse, le traité de Lisbonne est signé en 2007. L'UE souhaite alors se donner davantage de visibilité. Le Conseil européen a désormais un président, le belge Herman Van Rompuy. Les institutions sont renforcées par ce traité.
• Malgré cela, de nombreux défis demeurent. 

Dépasser le rejet du Traité Constitutionnel et doter l'UE d'institutions de gouvernance efficaces, représentatives et incarnées

Comme l'a montré le rejet du projet de Constitution en 2005 malgré le soutien de tous les grands partis de gouvernement (PS et UMP notamment), l'Europe apparaît à certains de ses citoyens comme peu représentative. Les directives de la Commission européenne sont souvent mal comprises et mal acceptées, car non débattues par les citoyens ou par des élus. Par ailleurs, l'Europe reste à « géométrie variable ». Certains pays membres de l'UE ne font pas partie de la zone euro (par choix ou par non-satisfaction des critères) ou de l'espace Schengen. 

Pour résourdre le déficit de notoriété, donner un visage avec une présidence et une représentante

https://fr.wikipedia.org/wiki/Haut_Repr%C3%A9sentant_de_l%27Union_pour_les_affaires_%C3%A9trang%C3%A8res_et_la_politique_de_s%C3%A9curit%C3%A9
 
Le défi économique de 2008 pose la question de la croissance, de la compétitivité et d'une gouvernance économique et financière commune
 
La crise de la zone euro depuis 2008 pose d'importantes questions sur les liens entre politique et économie au sein de l'UE. Beaucoup de points essentiels de la politique sont traités directement entre les États, comme le montre le poids du « couple franco-allemand » face à la crise et face à la crise.


Le défi de la sécurité collective face aux menaces extérieures (Russie et urkraine) et terroristes

Le défi du maintien de l'esprit européen face à la crise des migrants et à la remise en cause de l'espace Schengen 

Faire évoluer le projet oblige à poser la question du choix entre une "Europe puissance" ou une "Europe de marché" 
Ainsi, le projet d'Europe politique a pris la forme d'une Union qui, pour être imparfaite, n'en reste pas moins une construction politique unique au monde, dont le poids dans la mondialisation reste important.


Proposition 2 - Le projet d'une Europe politique depuis le congrès de La Haye (1948)

Introduction: 
– En amorce : rappel du contexte historique à l’issue de la Seconde Guerre mondiale : déclin des grandes puissances européennes, Europe dévastée, émergence des deux nouvelles superpuissances, division de l’Europe EST /Ouest, etc.

– Définition du sujet : C’est dans la partie occidentale du continent soutenue par l’aide financière et matérielle de Washington que va s’amorcer puis s’opérer la construction européenne. Ce projet à l’origine politique dans le contexte d’une Europe occidentale menacée par l’expansionnisme soviétique va finalement très rapidement se porter uniquement sur le domaine économique.

– Problématiques : Comment l’Europe essaie-t-elle de construire un ensemble politique depuis l’Après-guerre ? Où en est le projet d’une Europe politique aujourd’hui ?

PLAN:

Un plan classique, de type chronologique est ici préconisé :

I. LES PREMIERS PAS DE LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE (1948-1957)
A. Le contexte de l’Après-guerre
B. Les premières réalisations (Conseil de l’Europe, CECA)
C. L’échec de la CED ou la fin (provisoire ?) de la construction politique européenne

II. LA RELANCE ÉCONOMIQUE DE LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE (1957-1992)
A. La naissance du marché commun : Le traité de Rome (1957)
B. L’Europe sous de Gaulle (PAC, réconciliation franco-allemande, vétos sur l’adhésion britannique)
C. La relance de la construction européenne 1969-1989 (adhésion britannique, fonctionnement institutionnel, Acte unique, chute du Mur et des régimes communistes d’Europe de l’Est)

III. L’EUROPE POLITIQUE, ENTRE AVANCÉES ET REMISES EN CAUSE 
A. La naissance de l’Union européenne (traité de Maastricht en 1992, PESC, citoyenneté européenne)
B. Des élargissements (trop ?) rapides (Elargissement vers l’Est, de 12 à 28 Etats-membres)
C. Une Europe à la carte ? (espace Schengen, Euro, échec du projet constitutionnel, etc.)

La conclusion :
– En réponse à la problématique: la construction européenne, projet à l’origine politique dans le contexte du début de la Guerre Froide, a dû s’adapter aux réticences des peuples (échec de la CED en France en 1954), et s’accomplir avant tout sur le plan économique, domaine dans lequel elle a connu de nombreux succès dans un premier temps.

– En ouverture : depuis la chute du Rideau de fer, l’UE s’est très rapidement élargie passant de 12 Etats à près d’une trentaine en deux décennies à peine, le tout sans se réformer sur le plan institutionnel. De ce fait, elle semble aujourd’hui paralysée par sa taille et rencontre de nos jours de multiples difficultés (échec du projet constitutionnel en 2005, crise de l’Euro, montée des euroscepticismes), qui semblent l’obliger à se repenser dans l’avenir (limites géographiques, avenir institutionnel, place géopolitique dans le monde).






















lundi 9 janvier 2017

Mardi 10 janvier - Histoire - Le projet d'une Europe politique depuis le Congrès de La Haye de 1948


Séance 5 – L’Europe et son projet à l’heure de la mondialisation (1989-2016)

A partir des pages 354 et 358, vous allez proposer une réflexion organisée en trois temps (plan ci-dessous) montrant l’évolution du projet européen (dimensions, domaines d’action et logiques de gouvernance), son orientation (fédérale, unioniste) et ses limites sur la partie 1989-2016.

Plan proposé:

A) Les conséquences de l’effondrement de l’Europe communiste à partir de 1989

La situation géopolitique change en Europe à partir de 1989, accélère la relance du milieu des années 1980 et entraîne une reconfiguration et une évolution du projet européen.

1) Le tandem franco-allemand (re)devient le moteur de la construction européenne à partir de l'Acte unique européen en février 1986,
cela se traduit par les accords de Schengen (libre circulation des biens et des personnes en 1985, processus évolutif qui se concrétisera en 1992 et trouvera un pendant avec Erasmus en 1987)

2) la chute du mur de Berlin et la réunification en 1990 des deux Allemagne, ainsi que l'effondrement de l'URSS accentuent le processus et incitent le tandem franco-allemand à relancer l'Europe pour répondre à cette nouvelle donne géopolitique.

3) Le projet économique qui dominait se double à nouveau d'une dimension politique et géopolitique évidente, avec la perspective de l'ouverture à l'Est et la réunification allemande. 

Le projet fédéraliste et l'opposition avec les unionistes ressurgissent.

Avec la chute de l'URSS, l'Europe peut prétendre à s'imposer en tant que force unie, sans adversaire à l'est; ce qui pose la question de son hard power et de sa défense, notamment celle du maintien de l'OTAN

B) De la CEE à l’Union Européenne: le projet d’une Europe continental à géométrie variable

L'élargissement à l'Est impose une nouvelle gouvernance et de nouvelles institutions, et permet de relancer le projet européen avec un approfondissement de l'intégration, notamment économique.

Réponses:  
1992 – le traité de Maastricht, une réussite qui fait avancer l'union

1) Domaine économique et financier: 
C'est la création de l'UE qui dans la lignée de la CEE, poursuit et approfondit le projet européen sur le plan économique (1998, BCE=Banque Centrale Européenne; mise en circulation d'une monnaie commune en 2002, l'Euro €, pour faciliter les échanges). 

L'idée de concurrencer sur les plans financier et économique, E-U et Japon, les deux autres pôles de la Triade d'alors.

A la suite du Traité de Maastricht, les réussites entraperçues ne seront pas réalisées ou concrétisées. Les traités vont ser multiplier dans un contexte d'euroscepticisme croissant et de crise économique qui dépasse l'UE.

2) Domaine militaire et diplomatique: 
Des projets qui ne débouchent sur aucune concrétisation réelle ni intervention (aucune intervention européenne en ex-Yougoslavie et au Kosovo, positions opposées sur la guerre en Irak, intervention européenne inexistante en Ukraine, en Syrie, en Libye, actions exclusivement françaises en Centrafrique et Mali...) = l'UE est donc toujours dépendante des E-U, elle est incapable de peser à l'échelle régionale et mondiale tout en étant incapable d'assurer sa propre défense ou d'avoir une position géopolitique unie. Elle est même incapable d'intervenir de manière conjointe lorsque le conflit a lieu sur le sol européen.

PESC = projet d'une unité dans la politique de défense européenne


Eurocorp = embryon d'une armée européenne

La dimension politique reprend le dessus, tandis que la CEE restait exclusivement économique. Le débat autour du projet européen et de ses dimensions principales est relancé. Mais l'ensemble ne fonctionne pas.


3) Domaine géopolitique et territorial:

L'élargissement à l'est permet de présenter l'Europe comme un bloc uni. Il ne l'est pas entièrement: les Balkans ne sont pas totalement intégrés.

La question des frontières de l'UE se pose et plus encore celle de sa protection et de sa politique migratoire.

Un exemple de l'élargissement en question :  l'intégration de la Turquie 


L'UE est un "nain géopolitique", la politique européenne n'est jamais globale; malgré un poste de représentante de la diplomatie européenne, ce sont toujours les Etats seuls qui décident de leur position en fonction de leurs seuls intérêts.

4) Domaine institutionnel : la question de la gouvernance
La gouvernance européenne reste toujours incapable de se simplifier et d'opérer malgré des avancées. Les peuples ne la comprennent pas et s'y opposent.

Traité de Nice - 2000 
Traité d'Amsterdam - 1997
Traité de Lisbonne - 2007

Pourtant, l'élargissement se poursuit pour des raisons géopolitiques sans que la gouvernance et le fonctionnement institutionnelle ne s'adaptent.

C) Un projet européen en crise face à la mondialisation et à la crise de la gouvernance européenne

1) Les limites du projet, de sa définition et de ses frontières

- Le projet économique ne trouve pas de projet politique clair et dominant, organisé autour d'une union qui dépasse les égoïsmes nationaux.
- La question de l'élargissement pose la question des frontières de l'UE, de leur maitrise et des critères d'entrée dans l'UE.

2) Les limites de gouvernance face aux nouveaux entrants dans l'UE suite aux élargissements : le fonctionnement des institutions européennes est en question

- Institutions peu représentatives, difficilement identifiables et apparaissant comme peu démocratiques
-  institutions ne permettant pas de prise de décisions rapides, notamment en temps de crise
- Limites financières en termes de solidarité
- Limites en termes de convergence et d'intégration à l'échelle fiscale, policière mais aussi dans le cadre des politiques publiques : les intérêts nationaux prévalent

Malgré des évolutions positives (Président de l'UE...).

3) Un nouveau contexte géopolitique et géoéconomique plus tendu rend cette évolution incertaine:

  • tensions avec la Russie dans les cadres ukrainien, géorgien et syrien : les nouveaux dangers géopolitiques
  • la crise des migrants
  • Crise de la sécurité collective : épisodes terroristes en France et en Belgique
  • Absence d'une politique de défense et de sécurité commune au nom de l'Europe (projection de la France au nom de la sécurité européenne ailleurs dans le monde, au Proche et Moyen Orient mais aussi en Afrique)
  • et la montée des eurosceptiques et des opposants ...concrétisée par le BREXIT et la volonté d'autres Etats de sortir de l'UE ou de la changer profondément,
  • ... entrainant une remise en cause totale et profonde du projet européen, en dépit de sa puissance économique, financière, scientifique, artistique, culturelle et commerciale

Travail à faire pour mercredi 11 janvier: 
Page 365 – Sujet  - Etude documentaire à faire
Introduction : Présentez le document dans l’introduction avec son sujet (accroche et plan optionnels)

Plan à suivre:
I) L’élargissement de l’Europe, ses motivations et ses conditions
Apport et angle du document
Apports extérieurs éventuels

II) Les limites du document et les problèmes posés par l’élargissement
Limites du document
Limites et problèmes posés par l’élargissement 

Conclusion: Retour sur les principaux enseignements du document au sujet de l’élargissement et de ses limites

Travail pour vendredi 13 janvier

Histoire: 

A partir des trois cours ci-dessous et du cours, proposez un plan détaillé (parties, sous parties, dates clefs et idées principales) par groupe, sur format papier et numérique, répondant à la question :

Le projet d'une Europe politique depuis 1948

Supports utilisables:


Supports de cours alternatifs
:

Proposition 1